Les entreprenants sauveront-ils le capitalisme ?

Geoffroy Roux de Bézieux
Président Directeur Général de Oméa Telecom / Virgin Mobile, Vice-Président de l’Unedic et de Pôle Emploi et auteur de « Pour sortir de la crise, le capitalisme »
Alain Bloch
Directeur de HEC - Entrepreneurs

Geoffroy Roux de Bézieux reprend la théorie développée dans son livre pour définir le capitalisme d’entrepreneurs et explique en quoi ce type de mentalité va sauver la croissance. A partir de ce constat, il entame avec Alain Bloch un dialogue sur le développement de l’esprit entreprenant dans la société et dans les entreprises françaises.

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Geoffroy Roux de Bézieux distingue trois types de capitalisme : le capitalisme oligarchique, où la capacité d’entreprendre n’est pas partagée parce que les capitaux sont concentrés par quelques-uns ; le capitalisme d’Etat, où l’Etat insuffle les investissements par le haut, et qui correspond bien aux économies de rattrapage comme la Chine par exemple, parce qu’ils savent exactement où investir ; et le capitalisme d’entrepreneurs. Ce dernier type de capitalisme sauvera la croissance, affirme Geoffroy Roux de Bézieux, parce que la brutalité du modèle capitaliste ne peut exister que s’il fait consensus dans la société. Or, le capitalisme d’entrepreneurs est le seul capitalisme fondé sur l’égalité des chances et donc compatible avec les idéaux démocratiques. Il prend l’exemple des Etats-Unis, dont la philosophie économique permet l’émergence d’entrepreneurs comme Steve Jobs, et qui donne à la société la conviction que chacun peut réussir.

Geoffroy Roux de Blézieux reprend le concept Schumpetérien de la « destruction créatrice » pour montrer que face aux ruptures technologiques et à la rapidité des évolutions du capitalisme du XXème siècle, il faut absolument avoir des individus entreprenants. Selon ce libéral, le rôle principal ne revient pas au gouvernement ou aux institutions, mais aux entrepreneurs et entreprenants qui peuvent servir de modèle et guider par l’exemple.

Les institutions et les entreprises ont toutefois un rôle à jouer pour définir un environnement propice aux entreprenants, et c’est ce qu’explique Alain Bloch : la première étape est de revaloriser la concurrence, qui stimule l’entreprenariat. Geoffroy Roux de Blézieux poursuit l’argumentaire avec une réflexion sur l’avantage de privilégier les modes de décision individuels plutôt que collégiaux, et de ne pas stigmatiser l’échec pour faciliter l’audace individuelle. La démonstration par l’exemple permet de créer une émulation entre les individus et de les pousser à se dire : « S’il y arrive, pourquoi pas moi ? ».

Au niveau des entreprises, adopter un vrai esprit entreprenant n’est pas le privilège des PME ; parmi les petites et grandes structures – les « puces » et les « les éléphants », on y trouve de grandes entreprises agiles : les « éléphants volants ».   

Néanmoins, les organisations seules ne suffisent pas et l’audace des individus est la clé de l’innovation, d’autant qu’il y a un effet « boule de neige » qui fait que l’exemple de proximité pousse les individus à entreprendre eux aussi. Ce poids des exemples et l’importance du contact avec les entrepreneurs se retrouvent ainsi dans la formation des futurs entrepreneurs comme notamment dans la démarche pédagogique d’HEC-entrepreneurs.

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